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DE CROS-MURAT - Une antique et noble maison, portant indifféremment les noms de Cros et de Murat, florissant dès le douzième siècle. On n'est pas bien fixé sur son véritable berceau. Est-ce Murat-le-Quaire ? est-ce la terre de Cros, près de Chamalières, aux portes de Clermont, ou bien la seigneurie de Cros, dans le voisinage de La Tour ?
Il faut avouer que les auteurs qui en ont parlé, Audigier, Chabrol et autres, sont demeurés obscurs sur ce point, et M. l'abbé Cohadon, dans sa récent notice sur Murat-le-Quaire, ne s'est pas occupé de la question. Aidigier a même essayé de rattacher cette race à celle des vicomtes de Murat ; mais une semblable opinion ne parait pas soutenable. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que la puissante maison de Cros possédait, à une époque déjà reculée, tout ou partie des teres dont il s'agit.
Guy et Géraud de Cros, co-seigneurs de Murat-le-Quaire et Vernines, vivaient en 1170. Le premier eut plusieurs enfants qui partagèrent le 13 juillet 1213, entre autres : Géraud de Cros, élu archevêque de Bourges en 1208, mort dans un voyage qu'il fit à Rome en 1218 ; Pierre, dont la postérité retint le nom de Murat, et fera l'objet d'une notice spéciale ; Aymar de Cros, tige des seigneurs de Bois-de-Cros, et en partie de Chamalières, près de Clermont, dont la descendance s'est perpétuée jusqu'en 1450, et d'où sortirent un évêque de Clermont en 1286, un sénéchal de Carcassonne en 1319, et peut-être aussi les deux cardinaux de Cros, que Duchesne dit originaires du Limousin, tout en leur attribuant les armes des anciens vicomtes de Murat, avec un chef de gueules pour brisure, ce qui coïncide avec l'opinion d'Audigier. Mais pour apprécier la valeur de cette coïncidence, il reste à savoir si ces cardinaux, qui vivaient dans la seconde moitié du quatorzième siècle, portaient réellement les armes vicomtales de Murat, ou si leur historien l'a supposé par rapprochement des noms de Murat et de Cros, qui, dans beaucoup de documents, se trouvent unis comme désignant une même famille. Quoi qu'il en soit de ces suppositions, on sait que cette branche de la maison de Cros, représentée en 1450 par Pierre et Géraud de Cros, se fondit peu de temps après, dans celle des seigneurs de Vernines, issus de même sang. (Voyez Murat)
Géraud de Cros, frère de Guy, fut l'auteur d'un autre rameau éteint au treizième siècle, auquel appartenaient Géraud de Cros, présent au serment que prêtèrent plusieurs seigneurs d'Auvergne d'observer le traité conclu entre le Dauphin comte de Clermont et le roi Philippe-Auguste en 1199 ; Pierre de Cros, dix-septième doyen de l'église de Clermont, qui transigea avec Géraud de Cros et Guillaume de Murat, ses cousins, en 1218, et qui vivait encore en 1224.
ARMOIRIES - D'argent, à trois chevrons de gueules, au lambel d'azur.
Cri de guerre : Murat.
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DE MURAT DE CROS, seigneurs de Cros, de Murat-le-Caire, de Vernines, de Lugarde, d'Alagnac, de Bunsac, d'Enval, de Saint-Ebles et autres lieux. Cette maison d'ancienne chevalerie, déjà florissante au XIIème siècle, a porté alternativement le nom de Cros, de Murat et de Vernines, à cause de la possession très-ancienne de ces terres, toutes situées dans le voisinage du Mont-Dore. Elle s'est divisée et subdivisée en plusieurs branches dont trois subsistent encore de nos jours, en Auvergne, en Belgique et en Touraine, et continue aujourd'hui le lustre de ses aînées.
Leur souche commune fut Guy de Cros, chevalier, qui mourut peu après 1170, laissant entre autres enfants :
1- Aymar ou Adhémar de Cros, chevalier, co-seigneur de Chamalières, dont la descendance, connue sous le nom de Cros, a subsisté avec éclat jusqu'après 1450. Elle tomba alors en quenouille et se fondit par alliance avec la seconde branche, celle de Murat-Vernines (Voyez Cros).
2- Pierre de Cros, alias de Murat, coseigneur de Murat-le-Quaire, qui forma le degré suivant ;
3- Guy de Cros, doyen de l'église de Clermont en 1213 ;
4- Géraud de Cros, alias de Murat, archidiacre de Clermont, élu archevêque de Bourges en 1208, mort le 7 juillet 1218, dans un voyage qu'il fit à Rome.
PIERRE DE MURAT, premier du nom, coseigneur de Murat-le-Quaire, partagea avec ses frères le 13 juillet 1213, et ne vivait plus au mois d'octobre 1218. Il laissa quatre fils : Aymar, Pierre, Géraud et Guillaume, lesquels paraissent dans divers titres de famille.
PIERRE II, seigneur de Murat-le-Quaire et de Vernines, transigea avec Aymar, son frère aîné, pour la succession de leur père et de leur oncle, l'archevêque de Bourges, au mois d'octobre 1218. Le même Pierre de Murat, que Baluze et autres ont confondu avec son contemporain Pierre III, vicomte de Murat, paraît encore dans des actes de 1244, 1245 et 1247. Il eut pour successeur :
GUY DE MURAT, premier du nom, seigneur de Vernines, chevalier, fils de Pierre, acquit, conjointement avec son père, en 1245, la terre d'Orcival, de Robert, comte de Clermont, sous réserve de l'hommage. Il fut présent au partage intervenu entre Béatrix et Ysselt d'Oliergues en 1275, ainsi qu'au testament de Bertrand de la Tour, chanoine de Clermont en 1280. Guy de Murat fit donation entre vifs de ladite terre et autres, à Géraud de Murat, son fils aîné, chevalier, le vendredi de la Nativité 1287. Guy de Murat ne vivait plus en 1308. Il avait épousé 1- N…. de Montaigu, fille de Pierre de Montaigu et sœur ou nièce de Guérin de Montaigu, grand maître de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem ; 2- Auzerine de Rochefort, fille de Géraud de Rochefort et mère de Roger de Murat, ci-après mentionné. Du premier lit naquirent trois fils, savoir :
1- Géraud, qui suit ;
2- Guillaume de Murat, comte de Brioude en 1287, puis doyen de Chamalières en 1303 ;
3- Adémar de Murat, damoiseau, seigneur de Fontsalive, nommé dans plusieurs actes de famille de 1298, 1308, 1311. Il testa en faveur de Roger, son frère, chanoine de Chamalières, le mardi avant la fête de Saint Antoine en 1314 ;
4- Roger de Murat, né du second lit, fut chanoine de Chamalières, seigneur de Fontsalin après son frère. Il obtint de l'official de Clermont, en 1325, des lettres qui lui permettaient de demeurer et vivre dans le monde et de n'être tenu à aucune règle, quoiqu'il eut pris l'habit religieux, n'étant alors âgé que de 12 ans, et qu'il en était sorti avant de faire profession. Roger de Murat avait, lors de l'obtention de ces lettres, 48 ans, étant chantre de l'Eglise de Clermont et chanoine de Chamalières, ce qui ne l'empêcha pas d'épouser, le dimanche après la Conversion de Saint Paul 1331, Agnès de Tinières, fille d'Albert de Tinières, chevalier, seigneur de la Courtine. Il ne paraît pas qu'il ait eu des enfants, et testa en faveur de Geraud de Murat, son frère, qui suit.
GERAUD DE MURAT, premier du nom, seigneur de Vernines, Allagnat, Fontsalin, Châteauneuf, fils de Guy et de N. de Montaigu, fut présent au testament de Bertrand de la Tour, fils de Bernard VI, en 1285 ; reçut la donation que lui fit Guy, son père, en 1287, et transmit ses droits à Guillaume de Murat, son frère, chanoine de Brioude, sous certaines conditions stipulées dans l'acte. Il se rendit caution de Robert Dauphin, comte de Clermont, pour la dot promise par ledit Dauphin à Mathilde, sa sœur, lors de son mariage avec Guillaume Comptour d'Apchon, le lundi après Saint-Barnabé 1288. Il fut présent, avec Guillaume vicomte de Murat, et autres, au mariage de Bernard, sire de la Tour, avec Béatrix de Rodez en 1295, ainsi qu'à divers autres actes de la maison de la Tour en 1298, 1299, 1304, 1307 ; reçut une donation de Pierre de Montaigu, son cousin, le jeudi après l'Assomption 1298, et ne vivait plus le 11 juin 1308. De son mariage, contracté en 1288 avec Eléonore de Bréon, qui testa en 1302, naquirent neuf enfants :
1- Guy de Murat, qui suit ;
2- Pierre de Murat, né avant 1303, chanoine de Brioude en 1323, et vivant encore en 1345 ;
3- Guillaume, aussi chanoine de Brioude ;
4- Geraud, mentionné dans des actes de famille de 1303 ; 1308 ; 1311 ;
5- Robert, mentionné dans les mêmes actes, étant religieux à Saint-Dizier en 1345 ;
6- Béatrix, mariée à Armand Daucher ou Ducher en 1303 ;
7- Marguerit de Murat, mariée, selon les uns, à Pierre Bompard de Lastic, selon d'autres à Hugues de Langeac.
8- Edine de Murat, vivant en 1303.
GUI II, dit GUYOT DE MURAT, chevalier, seigneur de Vernines et de Lugarde, nommé avec tous ses frères et sœurs dans l'acte de 1303, épousa le mardi avant la fête de Saint-Pierre-ès-Liens 1308, Béatrix de Saint-Floret, fille de feu Robert de Saint-floret, chevalier, et de dame Philippie, sa veuve. Guy de Murat et ses frères eurent un grand procès avec Adémar de Murat et Roger de Murat, son frère, ecclésiastique, au sujet de la succession de Guillaume de Murat, doyen de Chamalières, leur oncle, procès qui fut terminé par une sentence arbitrale de Robert, comte d'Auvergne et de Boulogne, du jeudi après la fête de tous les Saints 1311. Guy de Murat fut nommé procureur avec Gilles Aycelin de Montaigu, Athon de Sainf-Floret et Bertrand de Saint-Nectaire, de Bertrand de la Tour, seigneur d'Oliergues, retenu à Paris pour cause de maladie, ne pouvant pas se trouver à Riom, étant appelé en combat singulier par Jean de Dreux, sire de Monpensier, le 5 octobre 1328. Guy de Murat était veuf de Béatrix de Saint-Floret le 22 mai 1342, et en avait eu :
1- Geraud, qui continua la postérité ;
2- Guy de Murat, nommé dans la cession que fit Jeanne de Murat le 22 mai 1342 ;
3- Pierre, vivant le 22 mai 1342, fut doyen de Bourges en 1347, vicaire général de Bertrand de la Tour, évêque du Puy, au nom duquel il transigea avec le roi, le 27 février 1371 ;
4- Adémar, prieur de Souliac et de Luzillac, nommé dans les partages que firent entre eux ses neveux, enfants de Geraud, le 1er juin 1366. Richarde d'Estaing, sa belle-sœur, lui donna procuration le 13 juillet 1378, conjointement avec Geraud de Murat, fils de ladite dame, pour recevoir une somme de 150 florins d'or, que lui avait légué le cardinal d'Estaing, son frère.
5- Jeanne de Murat, qui, le 22 mai 1342, fit donation de tous ses biens à son père et à ses frères, sous réserve de 1,400 livres, qui lui seraient payées en différents termes. Elle fut accordée le 2 juin de la même année 1342 à Alduin Blanc, seigneur de Sauzet, en Limousin.
[…] Branches d'Allagnat etc.